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Comité de forêt : bilan du futur schéma d’accueil 2026-2031

16 déc. 2025
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 3 oct.

Lundi 8 décembre, le comité de forêt de Verrières s’est réuni avec les communes de Verrières-le-Buisson et de Châtenay-Malabry, des associations (dont les Amis du Bois de Verrières) et des partenaires financiers.


À cette occasion, l’ONF a présenté les orientations de son futur schéma d’accueil du public pour la période 2026-2031, qui constitue l’aboutissement d’une démarche engagée fin décembre 2024. Nous saluons le travail réalisé par l'ONF.


Ce projet répond aux attentes des Amis du Bois de Verrières, en faveur d'un accueil raisonné. Notre association rappelle son attachement à la recherche d’un équilibre entre la fonction sociale de la forêt et la préservation de sa naturalité.


Nous regrettons toutefois le déséquilibre entre les différents sujets abordés lors du comité de forêt : près de deux heures dédiées à l’accueil du public, contre cinq minutes seulement en toute fin de séance pour la gestion forestière.



Les 3 mares

Carte d'identité de la forêt de Verrières - document ONF




1. Constat présenté par l’ONF pour son schéma d'accueil

Le massif connaît une très forte fréquentation, avec trois entrées principales et cinq entrées secondaires, ainsi qu’un réseau dense de circulations :

  • 46 km de chemins de randonnée

  • 70 km de dessertes


Près de la moitié des visiteurs s’y rendent en voiture. Le mobilier et les équipements sont par ailleurs souvent incomplets ou dégradés.

C'est une forêt urbaine en tension, soumise à des usages multiples : promenade, sport, détente, déplacements, parfois difficiles à concilier.



Document ONF


Note relative au document présenté : notre position ne relève pas d’une incompréhension de la gestion de l’ONF, mais concerne le nouveau plan d’aménagement, que nous jugeons trop intensif, avec des taux de prélèvement élevés. Le manque de transparence de l’ONF dans sa gestion rend nécessaire l’ouverture d’un dialogue, plutôt que la stigmatisation des opposants.


2. Quelques orientations principales

L’ONF propose plusieurs actions pour améliorer l’accueil du public et préserver les secteurs les plus sensibles :

  • Concentrer l’accueil sur quelques sites majeurs et créer trois « cœurs de forêt », plus calmes et préservés.

  • Déployer des parcours pédagogiques autonomes, notamment sur le modèle de celui du Pic mar.

  • Amélirer l'information du public sur les règles d’usage, la biodiversité et les enjeux de préservation du massif et les travaux forestiers.

  • Carrefour de l’Obélisque : rénover le mobilier et réfléchir aux parkings et à l'accessibilité.

  • Site de la Châtaigneraie : retirer la table d’observation et maintenir le paysage de plaine.

  • Trois-Mares : valoriser le site avec du et des informations sur la biodiversité des mares.

  • Réserve biologique intégrale (RBI ): projet participatif de haies sèches pour canaliser les accès ; exposition photographique visant à mieux faire connaître la réserve.

  • Batteries et coteaux : prévenir l’érosion, notamment liée aux pratiques de VTT hors piste (« free-ride »).


Le budget prévisionnel est estimé à 620 000€ sur 5 ans, dont :

  • 20 % financés par l’ONF ;

  • 80 % recherchés auprès d’autres partenaires : communes, Région, intercommunalités, etc.

La mise en œuvre de ces orientations restera donc conditionnée à l’obtention des financements et à la mobilisation de partenaires.



Document ONF

3. Constats et absences relevées

Les échanges ont également fait apparaître plusieurs points absents dans l’état des lieux présenté :

  • L’absence de données chiffrées sur la fréquentation, déterminante pour dimensionner et hiérarchiser un schéma d’accueil.

  • La quasi-absence de la faune, notamment des impacts de la fréquentation sur celle-ci.

  • Une étude faune/flore principalement centrée sur la RBI. Pour le reste du massif, l’analyse repose à des observations ponctuelles, sans véritable vision écologique globale.

  • Les nuisances sonores liées aux stands de tir, pourtant situés au cœur d'un espace naturel sensible.

  • La circulation d'ayants-droits en voiture à vive allure à travers la forêt, notamment pour rejoindre la sortie de Châtenay.

  • Le désengrillagement autour des batteries des Terriers, d'Igny et de Bièvres, afin d’améliorer les continuités écologiques.

  • La fermeture plus précoce des plots automatiques de la route de Saint-Leu, actuellement à 22 h, conformément à l’arrêté préfectoral.


Plusieurs sujets importants n’ont pas été abordés dans cette présentation, notamment les travaux forestiers et leurs impacts, pouvant avoir des effets immédiats : compaction des sols, cloisonnements, ornières, etc. La vulnérabilité croissante du massif face aux aléas climatiques mériterait également d’être pleinement intégrée au diagnostic et aux choix d’aménagement.

Ces questions sont développées dans la suite de notre analyse.


4. Et maintenant ?

Cette concertation constitue une première étape. Le travail doit désormais se poursuivre dans la durée. Il est essentiel que les associations soient pleinement associées aux prochaines étapes.


5. Éléments de débat sur les prélèvements forestiers

Le directeur territorial de l’ONF a indiqué une baisse des prélèvements sur la période 2005-2024. Cette baisse correspond en réalité à un rattrapage après des prélèvements excessifs entre 2005 et 2017.




Toutefois, cette diminution ne peut être considérée comme un indicateur fiable de soutenabilité, dès lors que :

  • la croissance biologique des peuplements a diminué de 19 % en une trentaine d'années, réduisant fortement la capacité de la forêt à se régénérer ;

  • les niveaux de prélèvement doivent être appréciés au regard de cette diminution de l’accroissement biologique.


Le nouveau plan d’aménagement 2025-2044 prévoit de prélever 100 % de l’accroissement biologique sur vingt ans, soit un niveau élevé, supérieur à celui retenu dans le plan précédent (2005-2024). Une telle orientation ne peut qu’accroître la pression sur la forêt, alors même que l’état des lieux issu de cette concertation reconnait déjà sa fragilité.




Document ONF



Les forêts françaises font aujourd’hui face à des pressions croissantes liées au changement climatique : ralentissement de la croissance des arbres, hausse de leur mortalité et forte diminution du puits de carbone forestier au cours des dernières années, selon les derniers inventaires de l’IGN (1).

Au regard de ces constats, nous appelons l'ONF à revoir à la baisse ses plans de coupes, afin de placer la préservation de la forêt et de sa biodiversité, sa résilience et l’intérêt général au cœur de cette forêt urbaine, qui doit rester un écosystème fonctionnel.


Notes :


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