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Comité de forêt : bilan du futur schéma d’accueil 2026-2031

Dernière mise à jour : 22 déc. 2025

Lundi 8 décembre, le comité de forêt de Verrières s’est réuni avec les communes de Verrières-le-Buisson et de Châtenay-Malabry, quelques associations (dont les Amis du Bois de Verrières), et des partenaires financiers.


À cette occasion, l’ONF a présenté les orientations de son futur schéma d’accueil du public pour la période 2026-2031, qui constitue l’aboutissement d’une démarche engagée fin décembre 2024. Nous saluons le travail réalisé par l'ONF.


Ce projet répond aux attentes des Amis du Bois de Verrières, en faveur d'un accueil raisonné. Notre association rappelle son attachement à la recherche d’un équilibre entre la fonction sociale de la forêt et la préservation de sa naturalité.




Les 3 mares

Carte d'identité de la forêt de Verrières - document ONF


Le comité de forêt a toutefois mis en évidence un déséquilibre entre les différents sujets abordés : près de deux heures dédiées à l’accueil du public, contre cinq minutes seulement en toute fin de séance pour la gestion forestière.



1. Constat présenté par l’ONF pour son schéma d'accueil

Le massif connaît une fréquentation très élevée, qui compte trois entrées principales, cinq secondaires, et un réseau dense de circulations :

  • 46 km de chemins de randonnée

  • 70 km de dessertes

Près de la moitié des visiteurs s’y rendent en voiture.

Le mobilier et les équipements sont souvent incomplets ou dégradés.

C'est une forêt urbaine en tension, marquée par des usages multiples (promenade, sport, détente, déplacements) parfois difficiles à concilier.



Document ONF


Note relative au document présenté : notre position ne relève pas d’une incompréhension de la gestion de l’ONF, mais concerne le nouveau plan d’aménagement, que nous jugeons trop intensif, avec des taux de prélèvement élevés pour un écosystème aussi fragile. Le manque de transparence de l’ONF dans sa gestion rend nécessaire l’ouverture d’un dialogue, plutôt que la stigmatisation des opposants.


2. Citons quelques orientations principales

  • L'ONF propose de concentrer l’accueil sur quelques sites majeurs, et de créer trois « cœurs de forêt » plus calmes et préservés.

  • Déploiement de parcours pédagogiques autonomes, comme celui du Pic mar.

  • Amélioration de l'information du public sur les règles d’usage, la biodiversité et les enjeux de préservation du massif et les travaux forestiers.

  • Carrefour de l’Obélisque : rénovation du mobilier et réflexion sur les parkings, l'accessibilité.

  • Site de la Châtaigneraie : retrait de la table d’observation, maintien du paysage de plaine.

  • Trois-Mares : valorisation, mobilier, informations sur la biodiversité des mares.

  • RBI (réserve biologique intégrale): projet participatif de haies sèches pour canaliser les accès ; exposition photographique visant à mieux faire connaître la réserve.

  • Secteurs des batteries et des coteaux : actions de prévention de l’érosion, notamment par les pratiques de free-ride (VTT hors piste).


Budget prévisionnel : 620 000€ sur 5 ans

• ONF 20%

• Autres 80% (communes, région, agglomérations…).

La mise en œuvre dépendra des financements et de partenariats.



Document ONF

3. Constats et absences relevées

Lors des échanges, plusieurs points absents de la présentation ont été identifiés :

  • L’absence de données chiffrées sur la fréquentation, déterminantes pour dimensionner et hiérarchiser un schéma d’accueil.

  • La quasi-absence de la faune de l’état des lieux, et impactée par la fréquentation.

  • Une étude faune/flore principalement centrée sur la RBI ; pour le reste du massif, l’analyse se limite à des observations, au détriment d’une vision écologique globale.

  • Les nuisances sonores liées aux stands de tir, situés au cœur d'un espace naturel sensible.

  • Le signalement d'ayants-droits traversant la forêt en voiture à vive allure, pour rejoindre la sortie de Châtenay.

  • Le désengrillagement autour des batteries des terriers, d'Igny et de Bièvres, afin d’améliorer les continuités écologiques, ainsi que la fermeture plus tôt (actuellement 22h00) des plots automatiques route de Saint Leu, conformément à l'arrêté préfectoral.


Plusieurs sujets ont également été absents de cette présentation, notamment les travaux forestiers, pouvant avoir des effets immédiats (compaction des sols, cloisonnements, orniérages), ainsi que la vulnérabilité croissante de la forêt face aux aléas climatiques. Ces points sont développés plus loin.


4. Et maintenant ?

Cette concertation ouvre un travail appelé à se poursuivre dans la durée. Il apparait essentiel que les associations soient pleinement associées aux prochaines étapes du projet.



5. Éléments de débat sur les prélèvements forestiers

Le directeur territorial de l’ONF a indiqué une baisse des prélèvements sur la période 2005-2024. Toutefois, cette diminution ne peut être considérée comme un indicateur fiable de soutenabilité, dès lors que :

  • les chiffres communiqués sont des volumes de bois commercialisés et non des volumes coupés, estimés à 15 à 25 % supplémentaires (incluent les pertes d’exploitation, houppiers, bois non valorisés ...) ;

  • la croissance biologique des peuplements a diminué de 25 % en vingt ans, réduisant fortement la capacité de la forêt à se reconstituer ;

  • les taux de prélèvements n’ont pas été révisés, à la hauteur du recul de l’accroissement biologique.


Le nouveau plan d’aménagement 2025‑2044 fixe un objectif de prélever 100 % de l’accroissement biologique sur vingt ans, un niveau important et supérieur à celui du plan précédent 2005‑2024. Une telle stratégie ne peut qu’accroître la pression sur la forêt, alors même que l’état des lieux issu de cette concertation reconnait déjà sa fragilité.



Document ONF



Les forêts françaises font face aujourd’hui à des menaces sans précédent liées au réchauffement climatique : la croissance des arbres ralentit, leur mortalité augmente et le puits de carbone forestier a chuté drastiquement en dix ans, selon les derniers inventaires forestiers de l’IGN (1).


Au regard de ces constats, nous appelons l'ONF a revoir à la baisse ses plans de coupes, afin de placer la préservation du vivant, la résilience de la forêt et l’intérêt général au cœur de cette forêt urbaine, qui doit rester un écosystème fonctionnel​, conciliant biodiversité, accueil du public et qualité de son paysage.





Il convient de souligner que le Plaidoyer pour les forêts publiques d’Île-de-France, que nous portons, et soutenu par 31 0000 citoyens, associations, ONG, scientifiques, dont 57 parlementaires franciliens (au 16/12/2025), démontre l’importance pour la société, de préserver ses forêts publiques, en zones urbaines et périurbaines, ainsi que leurs fonctions écologiques, sociales et environnementales. Cette mobilisation confirme la nécessité d’un statut de protection renforcée adapté​. 





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