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Atelier « Ma forêt est vivante » à Verrières

Dernière mise à jour : 29 juin

Le 13 juin, l'association États Sauvages, en partenariat avec Les Amis du Bois de Verrières, a organisé un atelier d'immersion de 3h en forêt de Verrières.

L’objectif : découvrir la biodiversité forestière et apprendre à observer la forêt autrement, grâce à des apports de connaissances et des exercices pratiques de terrain.


L'atelier "Ma forêt est vivante" s'appuie sur l'Indice de Biodiversité Potentielle (IBP) un outil développé par l’INRAE et le CNPF permettant d’évaluer la capacité d’une forêt à accueillir la biodiversité.


Pause café offerte par Robert


Après un temps d’écoute et d’observation, les participants se sont intéressés aux nombreuses formes de vie qu'abrite la forêt : oiseaux, insectes, mammifères, champignons et micro-organismes. Les échanges ont également porté sur les perturbations auxquelles la faune peut être confrontée : fréquentation importante le week-end, cris, musique, chiens non maîtrisés, circulation de motocross ou plus largement présence humaine parfois peu respectueuse de la tranquillité nécessaire à certaines espèces.


Qu'est-ce qu'une forêt ?

La notion de forêt peut être définie de différentes manières.

Selon la FAO, il s’agit d’un espace d’au moins 0,5 hectare comportant des arbres de plus de 5 mètres de hauteur et un couvert arboré supérieur à 20 %. Une plantation monospécifique peut donc être considérée comme une forêt au sens de cette définition.

Pour l'ethnobotanique Geneviève Michon, la forêt se définit avant tout par les interactions entre les êtres vivants qui composent un écosystème.

Pour le botaniste Francis Hallé, une forêt abrite une immense diversité de plantes, d'animaux, de champignons et de micro-organismes, dont une grande partie reste invisible à nos yeux.



Des millieux indispensables à la biodiversité

L'atelier a également souligné que la biodiversité forestière ne dépend pas uniquement des arbres. Différents milieux complémentaires jouent un rôle essentiel :


  • les milieux aquatiques (mares, étangs, sources ou ruisseaux) accueillent une faune et une flore spécifiques, comme les salamandres et de nombreux amphibiens ;

  • les milieux rocheux (rochers, carrières, murs anciens ou murets de pierres sèches) favorables à diverses espèces, notamment certains reptiles ;

  • les milieux ouverts et fleuris (clairières, lisières et trouées forestières, jouent également un rôle majeur pour les insectes pollinisateurs et toute la chaîne alimentaire qui en dépend.


Répartis en deux groupes, les participants ont étudié deux placettes forestières (parcelles 35 et 23 route d'Igny) afin d’évaluer plusieurs critères écologiques :


  • la diversité des essences : chêne, charme, érable, frêne, merisier, noisetier...;

  • la présence des différentes strates de végétation : muscinale ( 0 à 5cm), herbacée (5cm à 1m), arbustive (de 1m à 6m) et arborée (supérieure à 8m) ;

  • l'étagement vertical de la forêt ;

  • la quantité de bois mort au sol et sur pied ;

  • les micro-habitats favorables à la biodiversité ;


L'ancienneté du couvert boisé constitue un indicateur précieux de l'âge de la forêt (150/200 ans et plus). Les arbres aux troncs élancés témoignent souvent d'une croissance en concurrence avec leurs voisins, tandis que les arbres isolés développent généralement des formes plus trapues et étalées.


Typologie de dendromicrohabitats et micro-habitats observés :



Une forêt globalement diversifiée

Dans l’ensemble, les deux placettes étudiées présentent plusieurs atouts écologiques : une bonne diversité d’essences forestières (plus de six espèces recensées), des milieux variés et un bon étagement de la végétation, favorable à l’accueil d’une biodiversité diversifiée.


Les observations ont toutefois mis en évidence quelques différences notamment dans le développement de la strate arbustive.


Constat partagé

Les deux groupes ont dressé un même constat sur les deux placettes : la très faible présence de gros bois morts au sol et sur pied, ainsi qu’un nombre limité de micro-habitats (cavités, blessures, écorces décollées, trous de nourrissage, etc.).

Aucun champignon décomposeur n’a par ailleurs été observé lors de l’inventaire.


Nous avons également relevé l’absence d’arbres-habitats spécifiquement conservés pour la biodiversité, identifiables par un triangle inversé jaune-ocre apposé par l’ONF.


Tous ces éléments jouent un rôle clé dans le fonctionnement de la forêt. Ils constituent des refuges, des sites de reproduction ou des sources de nourriture pour de nombreuses espèces et participent au recyclage de la matière organique.



Parmi les pistes d’amélioration évoquées à la fin de l'atelier, figurent la conservation d’un plus grand nombre de gros bois morts et la réduction du nettoyage de la forêt, afin de favoriser le développement de la biodiversité.

Le bois mort au sol n’est pas « sale » : il est utile. Il fait partie du cycle naturel de la forêt et contribue à la richesse de la biodiversité ainsi qu’à la qualité des sols.

Un grand merci à Julie, d’États Sauvages, pour son engagement et l'animation de cet atelier, ainsi qu'à tous les participant.es, particulièrement motivés et investis tout au long de cette belle découverte au cœur de la forêt.





Plus d’informations sur l'atelier "Ma forêt est vivante" : https://www.etatssauvages.org/atelier-ma-foret-est-vivante




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